Le tourisme selon Destino World

La bi-culture

…ou le secret du véritable Réceptif

La « bi-culture » est la sublimation du « choc culturel ».
Le choc culturel est ce que tout être humain ressent la première fois qu’il sort de son milieu pour découvrir que les autres ne sont pas tout à fait comme lui-même : pas la même couleur, pas très poli, pas aussi intelligent, pas les mêmes références de programme TV… Finalement cette rencontre mène souvent à une divergence des centres d’intérêts, et donc à une conception différente du bonheur et de ses conditions essentielles.

La bi-culture apparaît chez la personne après l’intégration de toutes ses différences. Mais ce conditionnement est plus complexe qu’il n’y paraît. Car il développe chez le « bi-culturel » des réflexes, c'est-à-dire un comportement de l’inconscient : Penser dans une autre langue ne fait pas aboutir aux mêmes conclusions pour un même sujet donné. Ces nouveaux réflexes intègrent aussi des comportements différents : régime alimentaire, adaptation au rythme de vie, et finalement une autre forme de pensée.

Dans ce phénomène, on ne passe pas d’une culture à une autre, on crée une sorte d’hybride de culture avec le mélange des éléments de chacune d’elle. L’important étant qu’on soit capable de comprendre ces deux cultures, et donc capable de les faire s’interconnecter. Sa culture de base étant toujours celle où l’on a été éduqué, le pays où l’on a grandi et où l’on s’est formé.

Une personne ayant vécu longtemps dans un pays étranger, n’atteint pas cette symbiose, même s’il est beaucoup plus préparé qu’un touriste classique en visite guidée pendant une semaine dans une contrée éloignée. Car la bi-culture s’entretient. La Chine d’il y a dix ans n’a rien à voir avec l’actuelle puissance asiatique. Si le pays a changé, c’est que le comportement des chinois a changé, donc que la culture accumulée pour celui qui la connaîtrait d’avant, est devenue caduque.

On pourrait parler de « tri » ou « quadri-culture »… Mon expert comptable Serge Massat passe une semaine par mois à La Havane, vit le reste du mois entre New-York et Mexico, où il possède dans chacune de ces villes des cabinets d’expertises (Serge Massat Groupe). Il connaît donc parfaitement la France pour y être né, et ces trois autres pays pour y travailler en permanence. Cette alternance l’oblige néanmoins à choisir un point de référence : apparemment les États-Unis dans son cas. C’est pourtant un grand connaisseur de Cuba, mais seulement dans certains des aspects du pays. La permanence dans le lieu, et le temps qu’on y consacre apparaît donc comme un facteur déterminant dans la bi-culture.

Tout ceci pour conclure finalement que le véritable Réceptif se révèle comme un cas typique de bi-culture. C’est à la fois sa force et sa faiblesse. Sa force : car la passion qu’il possède pour son pays d’accueil et son intégration globale lui permettent de répondre exactement aux besoins, aux demandes des clients issus de son pays d’origine qu’il connaît forcément très bien aussi. Sa faiblesse : car en prenant les réflexes du pays d’accueil, il aura du mal a organiser son entreprise selon des normes qui n’existent pas forcément dans ce nouveau pays et qui sont pourtant nécessaires au développement de son activité. Selon ce résonnement il est fort à parier qu’un Réceptif des États-Unis ou d’Australie sera plus performent que celui d’Amazonie ou de Haïti… Les conditions d’entreprise dans le cas des deux premiers, étant bien meilleures que celles des pays sous-développés.

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Aperçu immédiat

mai 13. 2008 09:44