On sait maintenant que face au tourisme de masse (circuit organisé ou séjour balnéaire avec vols charters), le voyage sur-mesure, individuel ou de groupe (lorsqu'il est thématique, ou d'affaires) s'est installé confortablement dans le secteur du tourisme. Il apporte son lot d'incertitudes, de découvertes, et de débats.
Que cache le terme de voyage personnalisé ?
Il faut faire attention à ne pas mettre en opposition les hôtels tout inclus avec le voyage personnalisé, ce qui pour moi sont deux choses bien distinctes : on peut mettre en opposition les hôtels tout inclus avec les hôtels de charme pour leur style différent ; et par ailleurs on peut mettre en opposition le tourisme de masse (version TO/Charter) avec le tourisme personnalisé (version Réceptif). Un circuit organisé peut inclure un hôtel de charme, et un voyage sur-mesure peut inclure un hôtel Tout Inclus. Le seul fait, d'ailleurs, de modifier une nuitée d'un voyage Switch est une manière de personnaliser le voyage. Un voyage personnalisé résulte donc d'un recul du client touriste par rapport à l'offre de séjours ou circuits, où, parce que le client se sent unique, il sent qu'il peut demander un séjour unique (dans le sens concret du terme), à sa mesure, sur-mesure.
Mais lorsqu'on s'éloigne du voyage formaté par le TO, des risques liés au manque d'encadrement apparaissent forcément. Doit-on alors "baliser" le pays pour que le voyage individuel, sur-mesure puisse se dérouler sans accocs ? Sûr qu'à Cuba, sans panneaux de signalisation, sans lumières, sans avertissement sur la nécessité de réserver voiture et hôtels à l'avance, sur la différence culturelle, sur la différence même de mentalité et de comportement entre Européens et Cubains, le choc culturel peut être dur, violent et même avoir des conséquences regrettables. Mais est-ce que c'est la destination qui doit baliser son propre pays pour guider les "faux" et/ou "nouveaux" aventuriers ? ou plutôt les pays émetteurs qui doivent prévenir de ces chocs possibles, des précautions à prendre, etc, et tout simplement transmettre aux voyageurs l'idée qu'on ne part pas à l'aventure sans s'être informé consciencieusement de la destination ?
Prenons comme exemple les institutions de la France, comme pays réceptif, et pays émetteur.
Pour recevoir, nous avons des des sites web de présentation du pays, des Maisons de la France dans les pays qui nous envoient leurs touristes, des offices de tourisme dans chaque ville présentant le moindre intérêt touristique, et surtout une culture assez "standard" pour les visiteurs, majoritairement d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie. Très efficace, mais pas à la portée de toutes les destinations... Le Brésil par exemple, n'a pas d'office de tourisme en France. Difficile à croire, mais bien réel (c'était encore le cas il y a 4 mois en tout cas.) Problème de moyens ou d'organisation ? En tout cas, un vide certain.
Pour émettre, nous avons les Conseils aux Voyageurs du ministère des affaires étrangères, avec des fiches par pays et par thème, très bonne introduction... et voilà tout pour le niveau institutionnel ! Ensuite on a les agences et TO qui informent plus ou moins sur la destination ; pléthore de sites web en tout genre dont les objectifs d'information sont variables ; et des guides de voyage précieux qui donnent heureusement un avis non-commercial sur la destination et des infos pratiques, concrètes.
Mais finalement, ne serait-ce pas le réceptif indépendant, et sa bi-culture, le mieux placé pour avertir les visiteurs de la différence culturelle auquelle ils doivent s'attendre, et que les institutions du pays émetteur et du pays réceptif n'ont pas su communiquer ?
Reste qu'encore beaucoup de voyageurs :
1. n'ont pas conscience qu'ils doivent s'informer, se documenter, avant le départ. Sans doute parce que la commercialisation massive de toutes les destinations du monde leur fait croire que ce monde est un grand espace de jeux sans risque où ils vont découvrir sur le terrain la richesse de la diversité culturelle.
2. ne savent pas ce que c'est qu'un "réceptif" (dans certains cas même, le client du réceptif ne sait même pas qu'il s'adresse à un réceptif).
Il faudrait aussi que le réceptif ait les moyens de communiquer sur ce thème de la différence culturelle. On pense tout de suite au web, meilleure forme de communication à distance, mais encore faut-il que le réceptif puisse accéder à son contenu facilement pour en faire un outil d'information instantané.
Destino World se propose justement d'intervenir auprès du réceptif pour répondre à ces besoins. En créant une notoriété autour du groupement, Destino portera à la connaissance du public l'existence des réceptifs, leur situation et leur rôle. Parallèlement, il mettra à la disposition de ces réceptifs des outils faciles à utiliser, leur permettant à la fois de produire des voyages sur-mesure, et d'actualiser instantanément les données touristiques et culturelles sur leur destination ainsi que les avertissements aux voyageurs, qu'ils communiqueront à leur client, et au public en général, en vue de leur séjour. Ainsi, on évitera peut-être la mise en place de "balises à touristes" dans le pays, risquant de dénaturer encore un peu le paysage culturel et touristique des destinations.